Cher·e ami·e,

Cette semaine, la France a rejoint le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en imposant des sanctions à des individus et organisations liés aux violences de colons en Cisjordanie occupée. Ces mesures ciblent des réseaux accusés de financer, soutenir ou faciliter des attaques contre des communautés palestiniennes, dans le but de perturber les flux financiers qui ont permis à ces violences de se poursuivre en toute impunité. La France a également annoncé des interdictions d’entrée sur son territoire visant le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, plusieurs dirigeants d’organisations de colons, ainsi que des colons mis en cause dans des actes de violence, en raison de leur rôle dans la promotion de l’expansion des colonies et de politiques contribuant au déplacement des Palestiniens.

Au cours des deux dernières années, les communautés palestiniennes de toute la Cisjordanie ont été confrontées à une recrudescence des attaques de colons, doublée d’opérations militaires, de démolitions de maisons, de confiscations de terres, de restrictions de circulation et de la destruction d’infrastructures essentielles. Selon les Nations Unies, l’année 2025 a enregistré des niveaux records de violences de colons, tandis que des milliers de Palestiniens étaient contraints de fuir leurs foyers et leurs communautés. Des villages entiers ont été vidés de leurs habitants à la suite d’attaques répétées, et de nombreuses familles vivent désormais sous la menace permanente de démolitions, d’expulsions ou de violences.

Depuis des années, les communautés palestiniennes, les organisations israéliennes de défense des droits humains et les observateurs internationaux alertent sur le fait que les violences de colons ne sont pas simplement l’œuvre d’une minorité d’extrémistes. Elles s’inscrivent dans un système plus large d’occupation et d’expansion des colonies qui érode progressivement la capacité des Palestiniens à rester sur leurs terres et à exercer leurs droits fondamentaux.

Reste à savoir si ces mesures auront un impact réel. Ce qui est certain, c’est que les gouvernements commencent à reconnaître que le déplacement de populations n’est pas le fruit du hasard. Il résulte de politiques, de pratiques et de violences qui privent les gens de la possibilité de rester en sécurité chez eux, d’accéder à leurs terres et de vivre dans la dignité.

Nous ne croyons pas que les gouvernements seuls puissent apporter le changement, et si les mesures annoncées cette semaine sont les bienvenues, elles ne doivent pas constituer un aboutissement. Elles représentent une opportunité de renforcer le soutien international à la justice et au travail non-violent mené sur le terrain. Le véritable test sera de savoir si cet élan aboutit à une meilleure protection des communautés menacées de déplacement, à une plus grande responsabilisation face aux violations en cours, et à un soutien durable aux Palestiniens et aux Israéliens qui œuvrent ensemble, par des moyens non-violents, contre la violence.

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